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La biodiversité... Dossier

La biodiversité pour protéger les humains des pandémies !?
Préserver de toute activité humaine de larges pans de la nature apparaît comme l’un des moyens les plus efficaces d’éviter la transmission de virus inconnus capables de provoquer des pandémies.
"Puisque le facteur principal d’émergence d’une maladie, c’est la perturbation des milieux naturels, une des réponses serait de préserver une biodiversité à un niveau élevé. Et une des façons de le faire, c’est de protéger les espaces." Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Extrait de Reporterre

(05/11/2020) 15 millions de visons vont être euthanasiés au Danemark pour contrer la propagation du coronavirus.
Le Danemark a signalé pour la première fois les cas de visons malades dans ses fermes à fourrure en juin, mais à ce moment-là, c’étaient les ouvriers agricoles qui transmettaient le virus aux visons. Selon l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise, les 270 fermes de visons que compte le pays ont été infectées. 67 fermes ont vu leurs troupeaux tués et 23 autres sont soupçonnées d’être infectées.À cette époque, 11 000 animaux de la ferme infectée ont été abattus. Plus récemment, des millions de visons ont été tués dans des fermes à fourrure au Danemark, en Espagne et aux Pays-Bas.
Extrait National Géographic. Lire plus
Et aussi le blog de One Voice (qui défend une éthique animale).

Le CESE en remet une couche :

Le vivant s’effondre, et nous regardons ailleurs. Un nouveau rapport, à paru le 23 septembre 2020 tire la sonnette d’alarme. Il émane du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et dresse un bilan "gris" de l’action environnementale française. « Le dérèglement climatique est entré dans le viseur des responsables politiques, mais la biodiversité est restée sur le bord du chemin », constate, amer, Allain Bougrain-Dubourg, l’un des deux auteurs de l’avis du CESE. Rapport complet.

Ce n’est pourtant pas faute d’alertes scientifiques : la sixième extinction de masse est aujourd’hui fort bien documentée. D’après le « Giec de la biodiversité », « environ un million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité ». En France, la population des oiseaux, bon indicateur de l’ensemble de la biodiversité, a chuté en dix ans de 40 % pour les chardonnerets et d’un tiers pour les oiseaux vivant dans des milieux agricoles. Et selon le dernier rapport de l’Observatoire national de la biodiversité, seulement 20 % des écosystèmes remarquables sont dans un état de conservation favorable.

Stopper l’érosion du vivant !

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) publi un nouveau rapport alarmant qui révèle que les populations mondiales d’animaux sauvages ont diminué de façon drastique au cours des cinquante dernières années.
Dossier et chiffres sur WWF.


Le pire impact sur la biodiversité est observé en Amérique centrale et du Sud, où les populations d’animaux sauvages ont chuté de 94 % depuis 1970. Au cours de la même période, les populations de vertébrés ont chuté de 65 % en Afrique et de 45 % dans la région Asie-Pacifique. En Amérique du Nord et dans la région Europe/Asie centrale, le déclin s’établit à respectivement 33 % et 24 %. Mais l’impact de l’Homme ne se fait pas seulement sentir sur la terre ferme : les recherches ont également montré que les populations mondiales de poissons d’eau douce avaient chuté de 84 % depuis 1970.
Infographie de Tristan Gaudiaut, 10 sept. 2020.

Quand la nature reprend ses droits...

Dans les étangs et marais des Salins de Camargue, des travaux ont permis à la nature de reprendre ses droits. En moins de dix ans l’action du Conservatoire du littoral a permis le retour des oiseaux et des poissons.
Ce n’est pas un miracle. Juste la volonté des hommes. Lire ou écouter.
Et aussi voir le
site des oiseaux de Camargue.

En Éthiopie, un pays marqué par la sécheresse et des famines meurtrières, au beau milieu d’un décor désertique, un petit village a opéré une transition verte inimaginable, transformant l’environnement local aride en une oasis hors du temps. Le « chef » du village, Abo Hawi, instigateur de cette révolution, est appelé à partager son modèle dans tout le pays et à l’étranger. La suite sur cette page.

Danger : néonicotinoïdes !

Le jeudi 3 septembre 2020 un projet de loi permettant d’accorder des dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes, jusqu’au 1er juillet 2023 sera présenté au gouvernement. Annoncé uniquement pour les betteraves, le texte de loi peut concerner toutes les productions agricoles. Au moment où l’Europe a déjà perdu 80% de ses insectes en trente ans, l’urgence est d’arrêter le massacre et de protéger la biodiversité en réduisant drastiquement l’usage des pesticides.

Voir le texte d’interdiction entré en vigueur en 2018 sur Libération.

Et le rappel de la Loi biodiversité de 2016.

L’abeille sauvage (ou soliaire). Le maillon indispensable !

Moins populaires ... Les abeilles sauvages (plus de 800 espèces en France) sont comme leurs cousines domestiques vulnérables aux pesticides, à l’urbanisation et aux attaques de parasites. Comme tous les pollinisateurs, l’abeille solitaire est en danger : en 30 ans, 80% des populations ont disparu. Et parce qu’elles ne présentent pas d’intérêt économique direct, on parle peu du déclin de ces petites butineuses indispensables.

Les abeilles solitaires sont les championnes de la pollinisation. Contrairement aux abeilles de ruche (apis mellifera), elles n’ont pas besoin de mélanger le pollen avec du nectar pour le transporter. Accroché à leurs poils, le pollen, sec, s’en détache facilement (90% tombe du corps de l’abeille lors de son vol pour polliniser les fleurs qu’elle approche).

Autres particularités : elles sont moins frileuses et moins fragiles aux intempéries : actives de février elles peuvent polliniser plantes et arbres fruitiers.
Elles sont maçonnes (ex. Osmia cornuta), tapissières (ex. Megachile rotundata), charpentières ou "perce-bois" (ex. Xylocopa violacea), cotonnières (ex. Anthidium manicatum), etc.

Quelques plantes comunes mellifères pour aider les abeilles ? Bourrache, bleuet, hellébore, calendula, pissenlit, coriandre, crocus, géranium, lavande, marguerite, sauge, thym, menthe, violette, dahlia, coquelicot, glycine, chèvrefeuille, rhododendron, buddleia, ...

Un ouvrage et de belles photos : Abeilles sauvages, Philippe Boyer, Ulmer, 144 pages, 24,90 €.
Et pour aller plus loin voir le site : https://www.abeillessauvages.com/

Ou pour les "dorloter" : https://www.lesdorloteurs.fr/

"Avant de penser au jour d’après, ..."

Allain Bougrain-Dubourg.
Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction sur Terre.
Que peut faire le citoyen ? La consommation et l’éducation sont les premiers leviers pour une sensibilisation forte à la biodiversité qui doit être faite tout au long de la vie. Extrait JDD 3 mai 2020. Article complet.

2020 : l’année du hérisson pour la LPO. Le hérisson est victime des

activités humaines. L’empoisonnement et la disparition des ressources alimentaires représentent la seconde cause de disparition de l’espèce. Les pesticides, utilisés en agriculture et largement dans les jardins privés, engendrent la raréfaction de ses proies.
Voir le site : L’année du hérisson.
Et à partir du 16 juillet 2020 la LPO lance une grande enquête visant à connaître l’état de santé du hérisson en France afin de mieux le protéger. Pour participer : Mission hérisson.

Biomasse :

L’humain ne représente que 0,01% de la biomasse sur terre. Et les virus (0,04%) ont une part plus importante dans la biomasse.

Avec plus de 7,7 milliards d’êtres humains et une empreinte écologique particulièrement visible et destructrice, l’humanité semble occuper une place prépondérante sur notre planète. Pourtant, des scientifiques ont évalué que nous ne formons qu’une infime partie de la biomasse. Selon une étude publiée par Biomass Distribution on Earth en 2018, l’humanité toute entière représenterait environ 0,06 gigatonnes de carbone, soit environ 0,01 % de toute la masse des organismes vivants sur Terre.
C’est le règne végétal qui pèse le plus dans la biomasse terrestre (près de 83 %), puis les bactéries (et archéobactéries) avec une part estimée à 14 %, viennent ensuite les mycètes (champignons) avec 2,2 %. L’ensemble des animaux ne représente qu’une toute petite part du vivant, soit seulement environ 0,37 % de la biomasse (en incluant les humains). Statista.

Climat et biodiversité :

Que le réchauffement climatique ait un impact sur la biodiversité, ce n’est pas une nouveauté. Mais ce que des chercheurs de l’University College London (Royaume-Uni) nous apprennent aujourd’hui, c’est que cet impact prendra la forme de vagues de perturbations écologiques. Une situation qu’Alex Pigot, l’un des auteurs de l’étude, image à la perfection dans un communiqué : « nous ne sommes pas sur une pente glissante mais au bord d’une série de falaises ». Lire l’article de Nathalie Mayer

Brésil : Profitant de la crise sanitaire, la déforestation s’intensifient. Les peuples autochtones déclarent "Avec la crise sanitaire, l’exploitation illégale de mines et l’accaparement des terres se multiplient en Amazonie". Lire l’article.

Alerte de l’ONU (avril 2020) : La pandémie ne doit pas éclipser le réchauffement climatique.
« Nous devons circonscrire le changement climatique tout autant que la pandémie », a déclaré Petteri Taalas, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), à l’occasion de la cinquantième Journée de la Terre. Lire plus

Pour vérifier la vie des sols : "Plante ton slip"

Comment observer la vie du sol ? L’ADEME vous propose de planter un slip ! Cette méthode, déjà utlisée dans de nombreux pays et régions françaises par les agriculteurs permet d’obsesrver la dégradation d’un matière naturelle par des organismes vivants dans le sol. Voir le dépliant.

Et plus d’infos sur cette page

Extinction de masse : La Convention sur la biodiversité biologique (CBD) — équivalent de COP de la biodiversité — doit se tenir à Kunming, en Chine, en octobre 2020, avec comme objectif d’adopter une feuille de route pour éviter une sixième extinction de masse. Elle prévoit notamment de « protéger les sites d’importance particulière pour la biodiversité au moyen d’aires protégées et d’autres mesures efficaces de conservation par zone » couvrant « au moins 30 % des zones terrestres et marines avec au moins 10 % sous stricte protection ». Voir aussi : Plateforme Biodiversité 2020.

Bourdon (DR * Marc Giraud)

Dispartion inquiétante des populations de bourdons. La probabilité de voir un site occupé par les bourdons est nettement plus faible dans la période 2000-2014 que dans la période 1901-1974. Cette baisse se monte à 46 % en Amérique du Nord et 17 % en Europe.
"On peut s’attendre à un déclin encore plus important pour les bourdons en termes d’occupation de territoires et de biodiversité dans les endroits où les changements climatiques excèdent ce que l’espèce peut tolérer", écrivent les chercheurs Peter Soroye et Jeremy Kerr de l’Université d’Ottawa (Canada). Lire plus sur Sciences et avenir.

Déclin massif des insectes ... Janvier 2020.

Déclin massif (Statista)

"Nous devons agir maintenant". Une feuille de route publiée par 70 scientifiques le 6 janvier dans la revue Nature Ecology & Evolution. Des actions dirigées en faveur des insectes qui disparaissent petit à petit. Papillons, abeilles, libellules, coléoptères… La population d’insectes a diminué de 41 % dans le monde en 10 ans, d’après .

Lire l’article de Tristan Gaudiaut sur Statista France

L’effondrement (2019) - Le point de vue d’Aurélien Barrau : "Le défi le plus considérable de notre histoire". Une video de 15 mn.

Les oiseaux de nos campagnes en danger : "Depuis 1989, on a perdu en France à peu près un tiers des oiseaux des milieux agricoles" constate Frederic Jiguet, ornithologue et professeur au Centre d’écologie et des sciences de la conservation du Muséum d’histoire naturelle. Ecouter sur France Inter.

La forêt en danger. Fin octobre 2019, une partie de la forêt de Chailluz, près de Besançon, a été interdite au public, le temps d’abattre près de 2 000 arbres, hêtres, épicéas et sapins gravement touchés par la sécheresse, et qui sont en train de mourir. « Contrairement à ce qui se passe lors d’une tempête, où les dégâts sont spectaculaires, cette crise est silencieuse..." Lire plus. Et écouter sur France Inter

Infographie déforestation (source all4trees)

Voir aussi les données de la déforestation dans le monde sur all4trees.org. Et aussi les initiatives en France pour protéger les arbres. Voir l’action de Coeur de forêt.

Planter des arbres ? "Les forêts naturelles, riches en biodiversité ne peuvent être réduites à leur seule capacité à stocker du CO2. Les forêts naturelles sont sources de nombreux autres biens et services indispensables à l’humanité comme structurer les sols, filtrer les ressources en eau, abriter les deux tiers des espèces terrestres, et permettre à 1,6 milliards de personnes de vivre et tirer leurs revenus. Leur restauration apparait alors comme essentielle à bien des égards au-delà de la seule volonté de stocker du CO2.

"L’humanité va avoir besoin des arbres mais il faut jouer sur tous les autres tableaux. À savoir, préserver les dernières forêts primaires, zones humaines et prairies, et utiliser moins de surface agricole en passant à une alimentation moins carnée et en luttant contre le gaspillage alimentaire. Il faudra aussi arrêter les usages qui entrent en compétition avec le stockage de CO2 et la sécurité alimentaire comme les biocarburants." Arnaud Gauffier, WWF France.

Et pour aller plus loin : lire Jean-Louis Etienne (interview La Dépêche 20/11/2019) et aussi : 1 million d’arbres pour sauver la planète. Et voir le site du Conseil mondial de l’eau 

La simplification des paysages agricoles réduit la biodiversité fonctionnelle. C’est ce que montre une vaste étude internationale publiée le 16 octobre 2019 dans Science Advances. "La terre au Carré", a invité, Vincent Bretagnolle, agro-écologue au CNRS pour parler de cette étude (ré-écouter) qui reprend les données de 89 travaux portant sur près de 1 500 sites de tous les continents — l’une des plus vastes études jamais lancée dans ce domaine. Et elle se penche sur des cultures très variées : blé, colza, fruits de verger, café, fraises, noix de cajou… 

Les principaux résultats nous apprennent que :

• La simplification des paysages réduit de 30% l’efficacité de la pollinisation ;
• La simplification des paysages réduit de 50% la régulation naturelle des ravageurs ;
• Certains invertébrés jouent un rôle particulièrement primordial dans cette régulation naturelle : coccinelles, carabes (prédateur de pucerons et limaces, entre autres), araignées (des centaines d’espèces surtout de toutes petites —et sans toile— qui sont les espèces les plus abondantes, par exemple, au sol dans les champs de blé.

Pour aller plus loin : Biodiversité présentaion et enjeux ;

Et aussi voir la video : la biodiversité c’est la vie

La 7e session plénière de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) se tiendra en France entre le 29 avril et le 4 mai 2019. > Extraits du rapport.

Un exemple de rapport : Pollution et biodiversité.

Et aussi : Quatre gestes simples à adopter pour participer individuellement à la protection de la biodiversité > Lire

Printemps 2019 : Merlette, le temps d’une couvaison au jardin.

Le merle noir est-il utile ou nuisible au jardin ?

Le nid de Merlette le 28 mars 2019

Les oeufs de merlette
Merlette couve

Le merle noir est peu apprécié des jardiniers qui possèdent des arbres fruitiers car le merle est friand de fruits à la belle saison. Mais en tant que prédateur de limaces, d’escargots et d’insectes néfastes pour les plantes et les fleurs du jardin, le merle noir représente un bon régulateur de ces nuisibles. Merlette a niché près d’une maison nous suivrons sa couvaison.

Triste épilogue : le nid de merlette était à peine à 80 cm du sol dans un laurier thym. Un chat du voisinnage n’a pas résisté à la tentation. Les oeufs de merlette n’écloront pas cette année.

Un plan pour la biodiversité

« Nous avons besoin d’une alliance avec la nature, car l’érosion de la biodiversité est un poison lent. Ce plan marque le coup d’envoi d’une mobilisation sans précédent du Gouvernement et des acteurs à tous les niveaux pour combattre le déclin de nos écosystèmes. Pour répondre à ce défi de civilisation, il faut que chaque Français, chaque entreprise, chaque territoire s’engagent. L’humanité a le devoir de réparer la nature après l’avoir abimée. Je souhaite que ce plan marque le début de la reconquête de la biodiversité, dans les territoires et avec les citoyens, car c’est notre bien commun ». Nicolas Hulot.

Un déclin vertigineux

2018 : "...Le déclin vertigineux des populations d’espèces sauvages révélé par le dernier Indice Planète Vivante — une baisse de 60
% en à peine plus de quarante ans — est une illustration sinistre, voire peut-être même l’indicateur ultime, des pressions que nous exerçons sur notre planète.
D’autre part, la science n’a jamais été aussi explicite sur les conséquences de notre impact..." Marco Lambertini, Directeur général
du WWF International. Rapport Planète vivante 2018.

Des propositions

Le 19 septembre 2017, 14 associations et fondations dont France Nature Environnement ont présenté une feuille de route ambitieuse pour les années à venir. Dans cette feuille, 19 propositions qui permettraient de ralentir et stopper, enfin, l’inquiétante érosion de notre biodiversité.

Elles demandent au gouvernement de mettre en oeuvre de façon volontaire ces mesures, en les intégrant dans l’ensemble des champs concernés, afin de permettre à notre pays d’être enfin capable de répondre aux objectifs d’Aïchi, prévus dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique.

Source : France Nature Environnement.

19 propositions sur la biodiversité